DELESTAGE ELECTRIQUE; Son impact sur le métier de cordonnerie – Le manque à gagner est énorme

Le quotidien burundais de l’information « Le Renouveau » s’est rendu, le mercredi 2 septembre 2015, dans la zone Buyenzi pour constater l’impact du délestage électrique sur le métier de cordonnerie.

Le manque à gagner est énorme Le pays connaît actuellement le délestage électrique dont les effets affectent les cordonniers de la zone Buyenzi. Les cordonniers contactés ont déclaré que le revenu a chuté sensiblement parce que le travail de fabrication ou de réparation de chaussures nécessite l’utilisation de l’électricité.

Le gain quotidien a passé de 20 000 à 5 000 FBu

La quasi-totalité des travaux de chaussures les plus rémunérateurs requiert une machine ponceuse qui fonctionne quand elle est branchée au courant électrique. Eric Ndihokubwayo est l’un des cordonniers contactés de la zone Buyenzi qui réclame l’électricité en permanence. Il a informé que l’argent qu’il gagne par jour est passé de 20 000 à 5 000 FBu.

Cela a des répercutions négatives sur son ménage et diminue la quantité de la ration alimentaire par jour, a-t-il informé. Ou au contraire, il doit changer la qualité de la nourriture. Quant à la question de savoir s’il ne peut pas s’organiser pour acheter un petit groupe électrogène afin de pallier les problèmes de délestage, M. Ndihokubwayo a répondu qu’il n’a pas de moyens de s’en procurer.

Il a dit que même la machine ponceuse qu’il utilise est un bien commun partagé avec cinq autres cordonniers. Il demande au gouvernement de les soutenir financièrement pour acheter les groupes électrogènes.

Le loyer du stand est difficilement payé

Le loyer du stand est difficilement payé, car selon M. Ndihokubwayo l’argent qu’il perçoit ne suffit même pas pour subvenir aux besoins de son foyer. Il travaille à perte, a-t-il fait savoir. Les rendez-vous donné aux clients ne sont pas honoré pas suite à cette coupure du courant électrique. De là, c’est le début des conflits avec les clients. Les uns exigent de rembourser leurs avances.

Les autres préfèrent reprendre leurs chaussures parce qu’elles passent longtemps chez le cordonnier, a-t-il signalé, pour éviter la perte ou par frustration. Ces conflits font que le manque à gagner augmente. Ça suscite également un manque de confiance envers les cordonniers et certaines personnes commencent à les qualifier de menteurs et d’escrocs, a-t-il déclaré. Le courant électrique est disponible dans le quartier très tôt le matin et à la tombée de la journée ce qui ne facilite guère le travail des cordonniers, a-t-il conclu.

EZECHIEL MISIGARO