PERSONNES VIVANT AVEC LE HANDICAP; Le problème d’accès aux credits – Un des obstacles pour améliorer leur autonomie et leur vie

L’accès aux crédits pour les personnes vivant avec le handicap au Burundi est l’une des causes qui freine l’exercice de grands projets pour cette catégorie sociale. Certains facteurs expliquent les difficultés d’accès aux crédits pour ces dernières. Les responsables des micros finances sont interpellés pour y remédier.

Dans un entretien accordée à la rédaction du journal Le Renouveau, Vianney Kirajagaraye, directeur du Centre d’encadrement socioprofessionnel des jeunes handicapés (CESPJH) a indiqué que le centre émane de l’union des personnes handicapées du Burundi (UPHB) et a été mis en place pour la protection et la promotion des droits des enfants et jeunes vivant avec le handicap.

M. Kirajagaraye a informé que le centre vise à contribuer au relèvement de certains défis principaux à l’épanouissement des personnes vivant avec le handicap comme l’inadéquation entre la formation professionnelle et l’accès à l’emploi et aux revenus pour ces personnes ; l’incapacité pour les jeunes vivant avec le handicap de s’insérer socio-économiquement ; le non accès aux services financiers, etc.

Certains facteurs expliquent les difficultés d’accès au crédit

M. Kirajagaraye a signalé que le problème d’accès au crédit pour les personnes vivant avec le handicap s’est observé depuis longtemps. Et cela suite à de nombreux facteurs notamment la faiblesse de l’épargne propre des jeunes vivant avec le handicap pouvant leur permettre d’accéder aux crédits ; les faibles performances techniques des lauréats prenant l’origine dans le faible accès à l’éducation en tant que droit fondamental; le manque d’hypothèques/fonds de garanties exigées par les IMF (Institut de micro-finances) qui octroient des crédits ; la peur du risque de ne pas pouvoir rembourser ; le faible accès à l’information relative aux services crédits pour les aveugles et les sourds ; la discrimination basée sur le handicap en considérant la déficience de la personne au lieu de considérer ses capacités et ses potentialités ; l’ignorance des employés des micro finances sur les capacités et potentialités des personnes vivant avec le handicap, etc.

Pour Kirajagaraye, des ateliers de sensibilisation ont été menés auprès des responsables des IMF afin que les personnes vivant avec le handicap soient considérées comme des clients potentiels tout en améliorant les conditions d’accès. « Même si les résultats sont visibles, le chemin est encore long car peu des partenaires interviennent dans ce domaine, alors que la question des personnes vivant avec le handicap n’est pas une question d’actualité. Donc, ces personnes restent toujours des personnes à assister », a expliqué M. Kirajagaraye. Ce dernier a terminé tout en demandant au gouvernement en général, au ministère de la Solidarité nationale en particulier et les partenaires techniques et financiers d’aider le centre pour accomplir convenablement sa mission.
Avit NDAYIRAGIJE