PARQUET GENERAL DE LA REPUBLIQUE; Point de presse – Sur l’Etat d’avancement des enquêtes judiciaires ouvertes à la suite du déclenchement du mouvement insurrectionnel

Au lendemain de la désignation du candidat à l’élection présidentielle de 2015 par son parti CNDD-FDD, un mouvement insurrectionnel s’est déclenché dans certains quartiers de la ville de Bujumbura, soi-disant pour s’opposer à cette candidature. C’est de ce fait qu’en date du 29 avril 2015 une commission d’enquête a été mise sur pied pour faire la lumière sur les tenants et les aboutissants de ce mouvement.

Ce jeudi 17 septembre 2015 le procureur général de la République, Valentin Bagorikunda a invité la presse pour communiquer l’état d’avancement des enquêtes judiciaires ouvertes à la suite du déclenchement du mouvement insurrectionnel. « Selon ce rapport, à l’heure actuelle, un bon nombre d’insurgés et de putschistes ont été appréhendés et leurs dossiers suivent leur cours normal en justice. Certains organisateurs de l’insurrection et certains putschistes se sont enfuis à l’étranger. De là, ils ont commencé à se réorganiser pour parachever ce qu’ils avaient entrepris.

En témoigne le lancement d’une cohorte d’assaillants sur le territoire burundais à Kabarore en date du 10 juillet 2015. Le ministère public a des preuves que les assassinats ciblés de ces jours, les jets de grenades aux différents lieux fréquentés et autres actes de terreur ont été planifiés par ces derniers en fuite à l’étranger. Des mandats internationaux ont été lancés et d’autres sont en cours de l’être pour traduire devant la justice burundaise les auteurs de ces crimes. Cela permettra d’engager les responsabilités pénales et civiles ».

Composition de ce mouvement insurrectionnel

Au ressort de ce rapport, le procureur général de la République a indiqué que ce mouvement insurrectionnel a été organisé par des personnes de plusieurs horizons. Il parle à titre d’exemple des organisateurs membres de la campagne « halte au 3e mandat », certains médias, certains partis politiques d’opposition, certaines personnalités agissant à titre personnel, etc. Les fonds pour entretenir ce mouvement provenaient principalement des organisateurs ci-dessus évoqués et de certains hommes d’affaires.

De l’enquête menée, il ressort que les organisateurs civils de l’insurrection étaient constamment en contact avec les responsables des putschistes militaires et policiers du 13 mai 2015. Selon le procureur général, il convient de souligner que ce mouvement insurrectionnel a causé non seulement des dégâts humains (l’enrôlement des enfants souvent drogués dans l’insurrection, privation des autres citoyens de la jouissance de leurs droits fondamentaux, assassinats des policiers et civils qualifiés d’Imbonerakure ou d’Interahamwe, traitements inhumains et dégradants notamment l’homme du nom de Léonidas Misago brûlé vif à Nyakabiga sous prétexte que c’était un Imbonerakure, etc) mais également des dégâts matériels qui s’évaluent provisoirement à 51 138 872 956 FBu . Au titre de ces dégâts, il convient, dit-il, de souligner la destruction des biens publics et privés, sans oublier des vols d’armes au commissariat municipal Bujumbura.
Vincent Mbonihankuye (stagiaire)