INSECURITE; Son impact sur les AGR dans certains quartiers de Bujumbura – Une faillite se pointe à l’horizon si rien ne change dans les meilleurs délais

Dans certains quartiers de la capitale Bujumbura, règne une insécurité ces derniers jours, surtout pendant la nuit, mais aussi la journée. Cette situation ne va pas sans causer préjudice à l’économie des ménages surtout aux AGR (activités génératrices des revenus). C’est le cas des vendeurs de planches en zone Bwiza, quartier Jabe en commune urbaine de Mukaza et dans le quartier Kinanira II près du marché de Musaga.

Les économies des ménages ne cessent de chuter dans certains quartiers de la capitale Bujumbura à cause de l‘insécurité qui y sévit. Les raisons sont multiples. Ceux qui pratiquent des AGR en souffrent beaucoup soit par manque de clients, soit par peur d’exposer leurs marchandises puisque, disent-ils, la question de la sécurité dans leurs quartiers est devenue imprévisible.

Léonard Ndayiragije, un employé dans un atelier de menuiserie à Jabe, a fait savoir qu’avant la crise que vient de traverser la ville de Bujumbura, son atelier pouvait vendre des meubles de valeur pécuniaire au-delà de 10 millions par jour. Mais, déplore-t-il, depuis les manifestations qui ont durement touché leur quartier, ils peuvent même passer plus d’une semaine sans vendre la moitié de ce qui était vendu en un seul jour.
Un vendeur de planches dans le même quartier de Jabe qui a requis l’anonymat a dit que d’ici quelques mois, si les choses ne changent pas positivement, il ne sera même pas capable de payer le loyer. Il a indiqué qu’il est difficile pour lui de parvenir à payer ses employés puisque les clients ont sérieusement diminué. « Certains de nos clients préfèrent aller chercher ailleurs puisque chez nous ils estiment que d’un moment à l’autre la sécurité peut être perturbée», a-t-il indiqué.

Un des propriétaires des dépôts de planches et troncs d’arbres généralement utilisés pour les chantiers de construction des maisons qui n’a pas voulu que son nom soit révélé a déploré le comportement inacceptable qui s’observe dans son quartier. Des fois, dit-il, des jets de pierres sur les automobiles qui passent sont observés par exemple à la suite d’une perturbation de la circulation. Il a indiqué que plusieurs de ses clients craignent la zone Musaga et ne veulent pas s’y aventurer.

Même lorsqu’il s’agit d’une livraison, ce n’est pas n’importe qui qui accepte de donner son camion en direction de Musaga. Il a demandé à l’administration locale, à la police et à la population de veiller ensemble sur la sécurité de leur quartier à défaut de quoi la faillite de plus d’un se pointe déjà à l’horizon.
Les employés et leurs chefs étaient assis à côté des planches et des meubles, attendant vainement les clients, a-t-on remarqué.
Amédée Habimana